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Les entreprises, victimes du système académique (3/3)

une de mes dictées en primaire

Comment casser vos bics rouges.

Je me souviens de mes jeunes années sur les bancs de l’école: « Orban, 3 fautes ! ».  Le maître me rend la dernière dictée.  Ouf ! Il m’a quand même mis un beau « B » écrit au bic rouge en haut de la page. Après un petit moment de stress, je retourne à mon état métastable[i] de tranquillité en attendant le prochain test. Pour le moment le maître n’a pas l’air mécontent de moi et je ne devrais pas faire de devoirs supplémentaires.

Si ces émotions n’étaient que des souvenirs du temps passé, tout irait bien. Sauf que, formaté sur les bancs de l’école, je les ai perpétrées durant la majeure partie de ma carrière professionnelle. Les organisations dans lesquelles je travaillais et plusieurs de mes supérieurs reproduisaient l’environnement du bic rouge inhibant les initiatives personnelles et la réussite collective. Pour être honnête, je l’ai bien utilisé par moments vis-à-vis de mes collègues ou de mes collaborateurs. Depuis je me suis guéri (presque) et vous partage mes remèdes. 

Le point de vue de la personne évaluée

Qui d’entre nous ne connaît pas ces situations, où nous devons remettre notre devoir : une analyse de résultats, des feuilles de calculs, une proposition pour un nouveau projet, un plan d’affaires, une installation électrique, ou tout autre équivalent. Un pincement nous pénètre : comment ce résultat sera-t-il reçu ?

Parfois, notre devoir reste sans retour. Nous pourrions penser que tout va pour le mieux. A contrario, je m’inquiétais de savoir si le travail avait été bien reçu et de ne recevoir aucun retour.

Lorsque ce retour m’était donné, il me semblait que les commentaires sur les petites fautes ou les formats que j’aurais dû appliquer étaient plus fréquents que le questionnement sur le fond. Ces remarques avaient le don de m’énerver ou de me couper émotionnellement de mon interlocuteur en guise de protection, rendant le travail de cocréation très difficile, voire impossible.  J’ai souvent pensé que certains de mes supérieurs étaient des imbéciles qui n’étaient pas à leur place.

Comprenons-nous bien, il est indispensable de chercher à sans cesse nous améliorer et donc d’accepter de nous corriger.  Les produits et services que nous délivrons à nos clients (bénéficiaires) doivent répondre, sans défauts ni erreurs, à leurs attentes et leur procurer une pleine satisfaction. Mais parce que nous ne pouvons pas tous faire et encore moins avec excellence, cette exigence est la raison même de construire un collectif fort favorisant la collaboration.  En matière d’organisation, la solution n’est pas de mettre en place des processus où chacun est censé produire sans erreurs, ni défauts, un résultat pour le suivant.  Ce fonctionnement, fréquent dans les organisations, montre chaque jour ses limites et ses effets pervers :

  • Il nous amène chacun à considérer plus les erreurs que les aspects positifs du travail des autres, collaborateurs ou collègues. Nous réagissons sur les fautes, parfois violemment, plutôt que sur les contributions.
  • Il nous empêche de développer une innovation réelle, libre dans sa genèse de toute contrainte de jugement. Naturellement, plus « le bic est rouge », moins nous nous exposons.
  • Enfin, il nous atteint nerveusement créant un stress plus ou moins intense qui peut devenir destructeur. J’observe que de nombreux collaborateurs craignent plus de faire une faute personnelle et en sont plus affectés que si leur entreprise perd un contrat important ou reçoit une plainte d’un de ses bénéficiaires.

Le bic rouge est un poison des entreprises.

Conseils pour casser votre bic rouge

Vous l’aurez compris et pour beaucoup, déjà vécu : les évaluations, commentaires, remarques et autres conseils sont des moments d’émotion.  Vous comprenez dès lors que les retours que vous donnez à chaud d’un événement qui ne vous a pas plu, sont à éviter.  De même les entretiens annuels, où la pression monte avant la rencontre, sont leurs propres cristallisateurs de tensions.     

Plutôt que d’énumérer les nombreuses recommandations générales que l’on ne manque pas de vous donner sur le comportement à adopter, je propose de vous partager trois critères qui, dans le cadre d’une organisation professionnelle, favorisent l’abandon du bic rouge et développe la collaboration. Nous les pratiquons dans nos relations internes à l’équipe Ovale.

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