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Les entreprises, victimes du système académique (1/3)

Formateur ou entraîneur ?

Quel est notre comportement de manager ? Où trouve-t-il son origine ? La question ne mérite-t-elle pas d’être posée ? Où, qui et comment nous ont-ils appris à être manager ? La question est peut-être même : avons-nous appris ? Cela ne s’apprend pas, me diront certains, on l’est ou on ne l’est pas naturellement. Peut-être, mais chacun s’est construit une image de ce que le manager doit être et, dans notre plus jeune âge, les dispositions naturelles sont malléables. La fonction de manager est au carrefour du questionnement alors voici une tentative de décryptage de ce qui nous a façonnés.

Êtes-vous un maître, évaluateur de la progression.

L’école est obligatoire. Dès les premières années, les maîtres, formateurs, sont aussi les évaluateurs. Pour beaucoup d’élèves, le comportement à l’école et l’assiduité au travail sont liés aux peurs plus qu’au plaisir : à la peur de déplaire à ses parents, voire de perdre quelques petites récompenses, à la peur du maître et de ses punitions éventuelles, à la peur du ridicule. De nombreux élèves ne trouveront la motivation d’apprendre que très tard, voire jamais pour certains. De nombreuses années passent et l’élève développe ses compétences dans un système où sa progression est sanctionnée par ses formateurs. Les maîtres sont alors facilement perçus comme une autorité à laquelle on doit se soumettre plutôt que comme éducateurs. Ce n’est pas la qualité d’enseignant des maîtres qui est en cause. Le maître peut être stimulant pour les enfants dans leur réussite. C’est le système de validation qui impose aux enseignants une dualité de leur personne. Les maîtres peuvent avoir un objectif de réussite pour le collectif mais cet objectif est généralement propre au maître et se construit par une addition de réussites individuelles. Chaque élève poursuit ses objectifs personnels que ses formateurs sanctionnent.

Chacun, selon son tempérament fait de son mieux pour être apprécié. Si certains sont rebelles, la plupart sont attentifs à être placés dans le peloton de la réussite, parfois en regardant d’un œil mauvais les « chouchous » qui en font trop à leur goût. Dans les écoles où les classements existaient, il ne fallait pas longtemps pour que chacun sache où il se situe approximativement dans le classement et se contente de rester à son niveau. Le rapport de l’enfant aux maîtres et à leur fonction d’évaluateurs a bien entendu des conséquences à l’âge adulte. Devenus grands, la plupart des individus, managers ou collaborateurs, adopteront des comportements similaires dans leurs relations hiérarchiques. J’ai régulièrement observé des attitudes similaires dans les organisations où j’ai travaillé.

Ou un entraîneur, préparateur de la compétition.

Éventuellement initiée par le besoin de plaire à papa ou maman, la participation de l’enfant à un sport d’équipe est, pour beaucoup, choisie par lui-même. Stimulés par les projections des médias, de nombreux jeunes sportifs ont le désir de ressembler à l’une ou l’autre star avec l’espoir d’être un jour à leur place.

Développer et entretenir la motivation des joueurs est un travail essentiel des éducateurs. Ce but prime la performance technique car l’excellence ne s’obtient que dans le plaisir. Le travail se concentre donc d’abord sur le plaisir du jeu à partager avec les équipiers. L’entraînement est une succession de jeux dont la plupart sont consacrés à la passe du ballon à ses coéquipiers. On apprend d’abord en s’amusant. En parallèle, dès le plus jeune âge, l’entraîneur stimulera la cohésion de l’équipe, sur et en dehors des terrains. Outre des rappels incessants sur les tactiques de jeu en équipe, il créera des rituels de regroupement et d’encouragement ponctuant, entre autres, les débuts et fin de mi-temps. Il multipliera aussi les signes d’appartenance au travers de cris, de chants et bien d’autres activités hors du terrain.

Les joueurs qui n’abandonnent pas après quelques semaines, doublent alors rapidement leur assimilation aux stars, par l’envie de jouer. Quand ils jouent en match, ils le font pour gagner. Leur relation à l’entraîneur est bien différente de celle qu’ils entretiennent avec leurs professeurs. Les jeunes sportifs ont aussi leurs peurs. Celle, de décevoir leurs parents lorsque ceux-ci sont adeptes du sport ou celle de ne pas être titulaires pour le prochain match par exemple. Cependant, les éducateurs partagent avec eux le même objectif collectif. Cet objectif n’est pas le fruit d’une addition mais celui d’une intégration de réussites individuelles. L’entraîneur veille à développer la confiance de ses joueurs dans leurs capacités. En retour, les enfants font confiance à l’entraîneur pour les préparer et les emmener à la victoire.

Pour les plus jeunes, la victoire se limite simplement à gagner le match qui suit. Les équipes sont ainsi composées pour donner un temps de jeu à chaque enfant. Au fur et à mesure, les parcours deviennent plus exigeants et sélectifs. Il y a plus de joueurs dans une équipe que de joueurs sur le terrain de la compétition. La sélection reste un défi majeur qui se pose à l'entraîneur car ne pas être retenu pour un match n’exclut pas de l’équipe. Il faut donc maintenir la motivation de chacun. Ils encouragent ceux qui sont à la traîne et les invitent à travailler leurs faiblesses. Ils fixent des objectifs intermédiaires pour toujours maintenir la motivation de ceux qui peinent et s’assurer qu’ils restent, mentalement, totalement intégrés à l’équipe.

En entreprise le problème de la sélection ne se pose pas. L’entreprise a besoin de chacun.

À l’âge adulte, que le joueur soit amateur, professionnel ou toutes les nuances entre les deux, la raison d’être d’une équipe en compétition n’est pas modifiée : jouer pour gagner. L’entraîneur et les joueurs partagent ce but commun. Le résultat de la compétition est la sanction du travail collectif. L’entraîneur compose le groupe qui entamera la compétition mais tous les joueurs font partie de l’équipe. Tous participent à l’entraînement afin de développer leurs conditions physiques, leurs techniques individuelles et collectives. Une attention particulière est accordée au mental. Ainsi, pour l’entraîneur, les réserves sont des joueurs à part entière et doivent avoir leur temps de jeu. Plus il y a de réserves effectivement disponibles, plus l’équipe est solide.

Quelle est le besoin de votre entreprise ?  

Et vous, êtes-vous plutôt maîtres ou plutôt entraîneur, formateur contrôleur ou formateur créateur d’équipe ?